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Friday, October 16, 2009

Polanski : Que va-t-il se passer ? (et autres aspects de cet insoluble débat vu depuis les Etats-Unis)

La médiatisation démesurée du procès Polanski est ce qu’elle est.

En restant politiquement correcte, je dirais que le débat s’est démultiplié pour en engendrer d’autres qui en sont devenus les ramifications, mais pour être plus terre a terre, je dirais qu’on aura rarement autant tout mélangé ! Cette histoire est devenue une question de droit, de morale, de philosophie, de pédophilie, de viol, d’art, de société, de cinéma, c’est même devenu, pour certains, un débat sur la sodomie ! Pendant la première semaine où l’affaire a éclaté, on nous aura aussi assenés avec l’expression pudique et délibérément abstraite d’« histoire de mœurs » partout dans les media français!

Comme le dit Anne Sinclair sur son blog, il y a des sujets bien plus importants. Alors une question simple se pose » pourquoi en parlons-nous autant ? Est-ce parce qu’il était un people et parce qu’autant de people ont réagi publiquement ?
Je n’ai pas d’opinion tranchée sur ce que devrait être l’issue de ce procès, ni sur la « culpabilité » de l’accusé pour la simple raison que je trouve que l’on ne connait pas les faits en détail et qu’un flou demeure sur cette affaire. Le tout n’en a pas moins suscite en moi des réactions parfois conflictuelles. Il y a une dimension, à mes yeux, vraiment très intéressante qui n’a pas été soulevée dans les débats ayant trait à cette histoire, c’est la dimension culturelle. Je trouve que les différences de réactions internationales sont une étude de cas parfaite sur les différences entre les Etats-Unis et la France/l’Europe.

Que va-t-il se passer ?

Je pense qu’il est foutu et cela avant tout parce qu’il est un fugitif. On ne fuit pas le droit américain point final et il n’y a pas d’exemption que vous soyez riche, pauvre, célèbre ou pas. Du reste, là où en France, les célébrités ont tendance à être plutôt traiter avec favoritisme, ici, c’est l’inverse : Le système est plus sévère avec les célébrités.

Le procès d’une célébrité : on l’a bien vu avec Paris Hilton, c’est vraiment très délicat à cause du degré de médiatisation. En fait, la justice a tendance à être encore plus sévère pour un procès aussi médiatisé parce que les célébrités, même si elles l’oublient souvent, ont une grande responsabilité : elles servent d’exemple. Exempter Polanski, qu’il soit « coupable » ou non, cela voudrait dire envoyer le message à de vieux pervers abusant vraiment de jeunes enfants que l’on peut faire cela impunément, ou alors envoyer le message à des fugitifs légaux qu’ils peuvent se barrer d’un procès comme cela leur chante.

La réaction des français (et des élites)

J’ai détesté et j’ai même eu honte de la façon dont le tout a représenté la France à travers le monde. Cet excès dans l’exception culturelle est une forme d’arrogance, comme si la France et ses artistes étaient au dessus de tout. Malheureusement, je comprends que certains chroniqueurs américains se soient autant moqués.

Y-a-t-il eu viol ?

Il est évident qu’il n’y a pas eu de viol violent avec coups ou traces de violence évidentes. Sur la « culpabilité » de Polanski, vu le contexte il y a plus que matière à débat. On sait ce que c’est qu’une soirée show biz à LA avec des petites jeunes qui s’y rendent pour faire des « photos ». Laisser moi rire ! De plus, l’âge de treize ans, pour les filles, est tres relatif. Certaines ont l’air d’avoir 8 ans, d’autres 19. Dans ce cas, on sait que cette « gamine », à 13 ans, n’était pas vierge donc pour son innocence présumée il faudra repasser.

Mon instinct me souffle que c’est un cas où il y a eu rapports sexuels un peu ambigus peut-être et sous l’influence de drogue et le lendemain, la fille s’est réveillée mal à l’aise sans savoir quoi penser, regrettant peut-être son acte, et à partir de là elle a relaté les faits en disant s’était faite « violée ».

Il ne faut pas négliger la préconception particulièrement importante ici selon laquelle si il y a rapport sexuels entre une personne mure et un mineur, c’est forcement de l’abus car le ou la mineur(e) n’est pas maitre de ses actes et de ses décisions. Cette préconception est virulente ici aux Etats-Unis et se reflète même dans la terminologie de droit américain avec le terme de « child rape » qui est un terme très connoté: traduction « viol de mineur ». C’est comme en droit du travail, on parle beaucoup de « sexual harrassment », mais ce terme peut designer un harcèlement moral n’ayant rien à voir avec le sexe.

Beaucoup de féministes partagent des opinions sans nuance sur la question du viol dont sont victimes des femmes, mais je suis quelqu’un qui, à moins qu’il y ait violences évidentes dans ce genre de situation, a tendance a relativiser la notion légale de « viol ». Ce genre d’accusations est impossible à prouver et très facile à formuler. Aux Etats-Unis, beaucoup de femmes tordues et manichéennes savent très bien qu’elles peuvent se faire dédommager et intentent et gagnent de faux procès. Cela arrive tout le temps. (on ne s'en rend pas compte si l'on ne vit pas ici mais il y a, parmi les américaines, un nombre non négligeable de folles). Il est très facile de profiter de la préconception de la société dans ce domaine.

Les mœurs ont-elles évolué en France ?

J’ai récemment entendu dire (c’est un ragot tout à fait infondé) que les pratiques sexuelles douteuses avec des mineurs dans le cadre de soirées douteuses du monde du cinéma américain des années 70, étaient plus que répandues, et que des gens comme David Lynch, notamment, y auraient participé. Cela expliquerait que si beaucoup d’artistes et de people ont exprimé publiquement leur soutien à Polanski, d’autres, et notamment des réalisateurs américains ne l’ont pas fait.

Les exemples dans l’art français ou européen d’il y a vingt out trente ans sont nombreux : dans la photographie, dans la littérature (Gabriel Matzneff, Colette, Nabokov), dans le cinéma (Le blé en Herbe), il y avait souvent des éléments de perversité pédophile indéniables.

Tabou ultime, cet aspect du débat n’est pas du tout présent aux Etats-Unis. Il serait très mal vu ici d’effleurer l’idée que peut-être beaucoup d’entre nous ont enfoui en eux dans une certaine mesure, cette forme de perversité et qu’elle a sa place dans l’art. Dieu nous en garde!

Ce débat n’en est pas moins important. Les mœurs ont-ils évolue dans le monde de l’art ? Ces videos répondront peut-être:



Gabriel Matzneff : Les moins de 16 ans
en 1975 à l’émission Apostrophe




Alain Finkielkraut et Yves Michaud au Sept Dix de Nicolas Demorand
by France Inter - Octobre 2009

Actualité des Etats-Unis (au delà de Polanski : Pourquoi French Ketchup ?


Lien vers le blog d’Anne Sinclair (mon idole)



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