Contrairement à beaucoup, je ne suis pas déçue. En effet, je n’attendais, dans l’absolu, pas grand chose de Copenhague.
Je l’avais évoqué dans un billet du 7 Décembre :
« Les objectifs de réduction sur lesquels on va s’engager seront forcément insuffisants. »

L’engagement et la violence des manifestants venus du monde entier m'a émue (toute manifestation de passion et d'engagement me touche de toute façon de manière générale), mais je trouve qu’il y a beaucoup de naïveté ambiante. Je dirais même qu’il y en a qui croient encore au Père Noël. Il est assez incroyable que tant de gens aient vraiment cru qu’un sommet international rassemblant 192 nations pendant une semaine seulement allait permettre au monde de régler une crise comme cette crise climatique. Il y en a qui ont de bien candides opinions.
Si historiquement, le siècle dernier, ce genre de « sommets » ont pu parfois accomplir de grandes choses, Il ne s’agissait pas cette fois d’un accord de paix où il suffit d'une poignée de main en répondant par oui ou par non. Il est évident que le format de cet événement n'était pas un format adapté.
Nous vivons dans une époque où l'on peut communiquer, par téléphone ou par communications électroniques et se déplacer très vite partout (même si ce n'est pas très écolo). Il est évident que beaucoup peut se conclure sans déplacer tout le monde à grand renfort de jets privés (et financer des réunions, des concerts d'accueil et des vidéos de sensibilisation à gros budgets façon science fiction hollywoodienne pour faire sensation). Quoi qu'il en soit, il ne suffira jamais d'une semaine pour s'attaquer à un problème de cette ampleur ! Le combat écologique se mène tous les jours.
Il se mène dans les décisions individuelles quotidiennes, à l'échelle d’un foyer, mais aussi dans les décisions politiques des communes, des départements, des comtes, des régions, des états américains, des états fédéraux etc. Il faut avoir cette perspective dans toutes les décisions économiques, sociales, logistiques ou les décisions d'aménagement du territoire etc. On ne devrait absolument rien entreprendre aujourd'hui sans penser à l'environnement et à l'impact climatique et écologique de nos actes, à quelque échelle que ce soit.

Je vous laisse lire les titres à chaud de cet après-midi dans la presse virtuelle française et américaine (tous tirés de versions électroniques car en bonne écolo, je suis pour la dématérialisation):
Tout d'abord, la palme d'or du plus sobre revient au quotidien de San Francisco, ma ville :
Selon le San Francisco Chronicle:
« U.S. and 4 nations reach climate agreement »
Les USA et quatre autres pays aboutissent à un accord. (on peut difficilement faire plus neutre)
Washington Post (« Wapo » pour les intimes)
« World leaders reach deal on climate change”
Les leaders mondiaux aboutissent à un accord sur le changement climatique
D'après le LA Times
« Tentative deal reached to curb climate change »
Tentative d’accord pour inverser la tendance climatique
sur le NY Times
“Climate Deal Announced, but Falls Short of Expectations”
Un accord sur le climat qui déçoit par rapport aux objectifs est annoncé
(traduction imparfaite, mais traduire les nuances n'est vraiment pas évident)
Un accord « partiel "insuffisant" » selon le Monde en ligne et « «significatif» mais «insuffisant» » pour le Figaro.
Politico titre sarcastiquement: 'Meaningful' climate deal reached (accord ‘significatif’ avec de stratégiques guillemets)
Certains représentants du parti écolo ont dit qu'on aurait “flingué” Copenhague. Ils sont, pour beaucoup, j'en suis sure (ou je leur laisse le bénéfice du doute ce qui revient au même) de bonne foi, cependant, ils tombent dans le schéma politique de l'opposition. C'est à dire qu'ils incarnent la voix qui ne propose pas d'alternative, et sont symptomatiques d'un des fléaux en politique aujourd'hui: le fait que la plupart des acteurs ne proposent rien de concret, trop occupés qu'ils sont à être dans la réaction.
Il y a eu une vraie victoire à Copenhague, une victoire que les media trop occupes a critiquer, n'ont pas soulignée comme il se doit. Cette victoire, c’est la médiatisation à laquelle nous avons assisté, et avec elle l'indéniable sensibilisation des gens. On sait que l'on vit dans une époque où il faut accaparer les supports médiatiques et faire un minimum de bruit pour toucher qui que ce soit. Les gens sensibilisés restent sans doute une minorité dans chaque pays, mais je suis persuadée qu’elle a beaucoup augmenté en cette fin d'année 2009 grâce à ce sommet de Copenhague, et dans une mesure que l'on sous-estime sans doute. Ce n'est maintenant plus ringard, intello ou hippie d'être écolo. Cela devient la moindre des choses.
Toute victoire commence ainsi. Elle commence par les gens. « You have to be the change you want to see in the world » nous disait Ghandi (vous devez être/incarner le changement dont vous rêvez/dont vous voulez être témoin pour le monde).
Voici la page de l'EPA américaine (Environmental Protection Agency) qui communique sur ce qu'il est possible de faire quotidiennement. C'est une liste de 10 changements, et on nous encourage à en choisir 5 (au moins).



1 commentaires:
J'arrive par hasard sur votre blogue et me permets de reagir a la phrase suivante : "Il est assez incroyable que tant de gens aient vraiment cru qu’un sommet international rassemblant 192 nations pendant une semaine seulement allait permettre au monde de régler une crise comme cette crise climatique."
Il est trompeur de vouloir reduire le sommet de Copenhague a un sommet qui arrive comme un cheveu sur la soupe! Les negociations internationales sur le climat sont des processus bien huiles de rencontres et meetings reguliers, d'abord technique avec des experts nationaux puis le niveau politique (pour memoire les meetings preparatifs de COP15 a Bonn plusieurs fois, puis Bali etc..)
cdt
Nicolas
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